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Vidéo |Immersion. Plongée dans la faille de Silfra

Il y’a un peu plus d’un an déjà, je m’offrais un petit extra pour clôturer mon escapade islandaise, 3ème en date. Le genre de bouquet final pour finir en beauté, le feu d’artifice, la cerise sur un gâteau déjà très calorique en souvenirs. C’est décidé, cette année je ne quitterai pas cette île sans y avoir exploré son monde sous-marin. Il paraît que l’Islande possède les eaux les plus limpides du monde… Voilà quelques temps que l’idée me taraude l’esprit…

C’était en juin 2012, lors d’une belle journée ensoleillée. Cette plongée s’est déroulée dans la faille de Silfra, haut lieu emblématique d’Islande, situé au cœur de la réserve naturelle de Pingvellir, à quelques mètres à peine du premier parlement d’Europe. Géographiquement, c’est ici que les continents se forment. L’Islande est une dorsale sorti de l’océan, la faille de Silfra y’est au cœur. D’un côté la plaque tectonique Eurasienne, de l’autre, la plaque Américaine. Chaque année, ces 2 plaques s’écartent d’environ 2cm l’une de l’autre.

Une belle journée ensoleillée certes, mais une eau à 4°, nécessitant de plonger en « étanche ». Technique particulière, consistant à porter une combinaison néoprène 100% étanche de la tête aux pieds, reliée à la bouteille que l’on porte sur le dos, ce qui permet d’y « souffler » de l’air pour créer une couche isolante. Mais du coup, la flottabilité change. Une première pour moi.

Voilà quelques années qu’il m’arrive de descendre de mes montagnes pour rejoindre les fonds marins. J’ai commencé à pratiquer ce sport en Thaïlande, puis à Madagascar… A chaque fois, de belles découvertes. Une chose est sûre, sous l’eau, ce n’est pas mon monde. Pas le monde des humains d’ailleurs. Et même si tout le matériel moderne peut nous faire partir l’esprit tranquille, même si toutes les précautions sont prises, si toutes les vérifications sont faites, même si… je ne serai jamais à l’aise la tête sous l’eau. Mais je crois que c’est justement cet aspect là qui m’attire le plus dans cette discipline. Ce côté angoissant et excitant à la fois, évoluer dans un milieu qui n’est pas le sien, ne pas se sentir à sa place et garder son sang froid. Explorer l’inconnu. Ce monde à part, ou seul le silence règne. Ce silence, le vrai silence comme il est rare d’entendre. Seul son nous accompagnant dans cette quiétude, celui de notre respiration. De petites inspirations, de longues expirations…  Une respiration lente qui rythme le battement des palmes. Là, on ne pense plus à rien.

Nous serons un petit groupe de 3, le divemaster à la carrure bien locale, une touriste anglaise plutôt téméraire, et moi même. Les dernières consignes avant la plongée sont expliquées -en anglais- et même si j’écoute attentivement ce briefing essentiel, je ne comprends qu’une phrase sur 3. De toute façon ma tête est déjà ailleurs… L’heure est enfin arrivée. La combinaison étanche bien en place, serrée de la tête aux pieds, et le matériel chargé sur le dos. Ca pèse une tonne. Quelques pas à peine suffiront à démontrer l’efficacité des combinaisons étanches, je suis en surchauffe.

Arrivé à l’escalier en métal qui nous mène directement dans l’eau, nous chaussons nos palmes. Entourés par des centaines de mouches comme qui dirait “un peu agaçantes”, nous descendons, chargés comme des mulets, tels des cosmonautes sortant de leur capsule. GoPro sur la tête, l’appareil photo dans son caisson étanche, l’objectif est clair, en plus d’en prendre plein les yeux, ramener quelques souvenirs. Quelques derniers contrôles de sécurité avant l’immersion, détendeur en bouche, masque bien en place, et c’est parti, nous nous laissons… descendre. En une fraction de seconde à peine, nous quittons le monde réel, place au spectacle.

L’eau est à 4°, 1° au plus profond. Autant vous dire que même avec une combinaison étanche le froid se fait vite ressentir. D’ailleurs étanche étanche… un bien grand mot ! Je la sens l’eau, s’infiltrer sournoisement dans mon dos. Peut être parce que je n’arrête pas de tirer sur ma cagoule aussi … oui je n’ai jamais aimé les trucs qui serrent autour du cou… je suis comme qui dirait, col-roulé-en-laine’ophobe. Et puis le visage. Ouchhh… seul partie du corps qui n’est pas protégée. Là c’est l’anesthésie TOTALE. Plutôt efficace vu le temps qu’il m’a fallu pour retrouver la sensibilité de mes joues. On devrait d’ailleurs plonger tous nos patients dans un bain à 1° pendant une demi-heure avant chaque opération, ca ferait des économies en anesthésiants… en anesthésistes aussi… humhum…

La progression continue, pour une plongée qui durera une trentaine de minutes. C’est grandiose, immense, irréaliste. Des bleus de toutes les teintes, variant du turquoise à l’azur des profondeurs. Il m’est difficile de vous décrire précisément ce qu’on ressent dans un tel endroit, une telle sensation d’espace, dans un lieu pourtant si étroit. Une visibilité des plus remarquables. Rien, mis à part quelques nuages de bulles qui s’échappent des détendeurs, ne vient troubler la limpidité des lieux, l’eau est d’une clarté comme il est rare de trouver. Même dans une piscine on ne distingue pas aussi bien les détails. En fait, on en oublierait presque qu’on est dans l’eau. Ca y’est, je vole ?  Tout est illusion, tout est magique. J’aurais pu chanter « Ce rêve bleeeuuuuu, je n’y crois pas c’est merveilleeeuuuuux », mais bon sous l’eau, ca rend pas top.

Nous traversons plusieurs canyons de profondeur et largeur très différentes. Entourés de ces imposantes parois rocheuses, plus on descend et plus on se sent… petit. Mais ça, c’est un peu la spécialité de ce pays ; une sensation qu’il est fréquent de ressentir en Islande, de quoi perde tous ses repères. Qui plus est, nous n’aurons croisé aucune autre forme de vie sous ses eaux nordiques. Pas un poisson, pas même un monstre des profondeurs issu des mythologies islandaises. Minéral. Que du minéral. Pour rester bien en phase avec ce pays brut et sauvage. Seulement quelques algues vertes et filiformes, mais pas de quoi se perdre.

Encore une belle plongée. Des paysages à couper le souffle, quand on est sous l’eau, ça peut être dangereux. Oui, mais en Islande, on ne peut faire autrement. Je ne me sens définitivement pas en sécurité dans ce milieu aquatique, mais pourtant le dépaysement dans ce bleu si limpide ne me laisse que rêveur. Un autre monde, où l’on oublie une fois de plus le réel. Seul avec soi même, au rythme élancé des battements de jambe. Reposant, angoissant, excitant…. Epoustouflant. Je suis là, comme si de rien en mode « Coucou c’est moi, je nage tranquilou dans un lieu paradisiaque et je fais de bulles ».

Sous l’eau quoi…
Sous l’eau, on défi l’apesanteur, on peut voler sans ailes, et tomber sans se faire mal.
Sous l’eau, on fait le plein de silence, si rare et pourtant si vital.
Sous l’eau, il fait toujours beau.
Oui. Sous l’eau, même en Islande, le ciel est toujours bleu.

Sætur drauma.

(et n’oubliez pas d’activer la HD 😉 )

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