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Le Tsaranoro, vu d’en haut.

Dernier jour dans le Tsaranoro, déjà. Dernier jour dans cette vallée unique, que j’aurais appris encore un peu plus à connaitre. Des liens, tissés un peu plus, avec des gens qui me semblent aujourd’hui être devenu encore un peu plus mes amis. Des réalités et problématiques que je n’avais jusqu’à lors perçues, celle d’une vallée isolée qui évolue tant bien que mal dans un pays qui survit lui aussi, tant bien que mal. Ces 15 jours sont passés vite, trop vite. Et je pense déjà -inévitablement- au retour vers la France et à toutes ces fausses réjouissances qui m’attendent. Non non non, il ne faut pas y penser. Pas encore, pas maintenant. Il faut profiter pleinement de cet endroit, de ce cadre unique et si reposant, jusqu’au dernier instant. L’esprit libéré, ici je suis loin de tout. Croque ta vie jusqu’à la dernière miette.

Pour ce dernier jour, j’avais envie de m’offrir un petit « extra », quelques petites sensations fortes qui font vibrer le plexus. Voir cette vallée, d’un autre angle, de là haut, dans les airs, tel un condor planant majestueusement sur le domaine des dieux. Enfin au moins une petite buse quoi… Et pour se faire, un seul moyen ici, le parapente ! Et une seule personne capable de voler dans la vallée, Hery, mon ami guide du Camp Catta. C’est lui le premier moniteur de parapente de toute l’île capable de voler en bi-place. Alors oui, j’avais longtemps hésité. Oui, ici on n’a pas vraiment le droit à l’erreur, car ici personne ne viendra me chercher en hélicoptère. Mais bon, aujourd’hui c’est le dernier jour. Et Hery, ce n’est pas n’importe qui. Il a Tooooooooute ma confiance.

Nous partons à 9h du Camp Catta, le soleil est déjà bien haut. Nous attaquons la montée vers la zone de décollage, qui se situe à 300m un peu plus haut vers la falaise. Hery, comme à son habitude, telle une machine, porte tout le matériel sur son dos. Hery, c’est en quelque sorte un mutant. Je lui rappelle souvent d’ailleurs, ca le fait rire. Il fait chaud. Très chaud. Ca grimpe, je dégouline. Je bois, ca grimpe, j’ai chaud. Le sentier est sinueux, la monté bien abrupte. J’ai chaud. Nous finissons finalement par arriver en haut après 40 minutes de marche bien rythmée. J’ai toujours chaud. Le temps de m’essorer, me sécher, me réhydrater, de reprendre mon souffle, et nous attaquons le déballage de la voile. Hery m’explique les quelques consignes pour le décollage, mais les souvenirs de mon premier baptême à l’âge de 16ans sont encore bons. Harnais serré, casque bien en place, nous sommes prêt pour le décollage. Devant nous, à quelques dizaines de mètres, le vide. Le but, attendre une petite brise pour que la voile se gonfle, et courir droit devant. Hery scrute le ciel, regarde sa voile…  plus un bruit, plus un mot, un silence des plus excitant… jusqu’à ce qu’arrive la bourrasque.
« Go Go Go » s’écrit Hery. Je crois bien que c’est le signal. Alors je cours, face au vide, je cours, jusqu’à ne plus sentir le sol sous mes pieds. Et… Ca y’est, je vole. Je crois que je peux arrêter de courir.

L’air est frais, le paysage grandiose, la sensation unique. C’est si bon de voler, se laisser porter et ne plus toucher terre. M’y voilà, le Tsaranoro vu d’en haut. On y distingue tous les petits détails, les villages, la maison isolées, les rizières, le fond de la vallée… L’occasion aussi de constater l’ampleur des dégâts de l’incendie d’il y a quelques jours. Presque 1/3 de la forêt est partie en fumée. Et puis ces impressionnantes falaises du Tsaranoro. Gigantesques. D’une verticalité parfaite. Là, je ne suis plus aux pieds de ces géants de granite, mais bien en face d’eux, un face à face magique. J’aimerai juste pouvoir frôler les parois et les toucher avec la main. Mais, ce n’est pas moi qui pilote et je crois qu’il est quand même plus prudent de toucher avec les yeux. Nous enchaînons les courbes au rythme des thermiques, Hery semble content, il répète comme à son habitude sa phrase fétiche : »C’est bon ça hein ? » Oh oui c’est bon, drôlement bon même…

J’aimerai pouvoir voler comme ça encore des heures, reprendre la route vers la France par la voie des airs. Oui, le retour vers la France est imminent, mais je vous raconterai ça demain. Là, je vole encore.

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