Secourisme et croyances locales

Pour ce 3ème jour, alors que nous cherchions une deuxième poupée pour réaliser les manœuvres de désobstruction des voies aériennes chez le nourrisson, un habitant nous a généreusement proposé sa fille de 2 ans, qu’il avait ramené du village pour l’occasion. La gentillesse malgache n’est décidemment pas qu’une légende !  Obligé de décliner cette proposition de peur que nos stagiaires abiment un peu trop l’enfant, nous avons finalement trouvé une petite poupée qui fera très bien l’affaire. Voilà l’une des nombreuses anecdotes qui anime le quotidien d’une formation  de secourisme à Madagascar.

Les cours de secourisme se poursuivent dans la vallée. Nous sommes content de voir que nos 18 guides répondent présent chaque soir avec une ponctualité presque remarquable ! Certains d’entre eux  habitent à 40 minutes du lieu de formation, ce qui rend leur journée plutôt chargée. La motivation est là, la curiosité aussi, et l’envie d’apprendre rend les échanges très riches et stimulants.

Les modules se suivent et s’enchainent avec un timing plutôt serré. Ces notions de secourisme, d’assistance, de demande à l’aide et de travail en équipe étant toutes nouvelles pour nos guides, il est important de faire constamment des liens avec le travail de terrain qu’ils effectuent. Cette première semaine est donc consacrée à l’apprentissage des gestes de premiers secours, avec une adaptation permanente des techniques d’apprentissage aux réalités locales. Madagascar ne disposant d’aucun organisme de secours et de système d’alerte, les guides ne peuvent donc compter que sur l’entraide des autres guides ou éventuellement des villageois. Il n’existe aucun service médical mobile, et on ne peut envisager la possibilité d’obtenir un avis médical par téléphone. Ainsi, nous leur apprenons à donner l’alerte au moment le  plus propice, ou plutôt une demande d’aide envers les autres guides des alentours. En milieu isolé, livré à eux même, il est nécessaire que les guides sachent travailler ensemble pour prendre en charge une victime, traiter l’urgence, et l’évacuer jusqu’au dispensaire de la vallée, voir l’hôpital le plus proche (à plus de 60km de la vallée).

Faire une formation de secourisme à Madagascar, c’est aussi prendre le risque de se confronter à quelques croyances bien locales. Ainsi, à la question « Que feriez vous dans telle ou telle situation » il est habituel de découvrir des méthodes assez inhabituelles. On nous a proposé par exemple d’utiliser du sucre ou de la poussière de roche pour stopper une hémorragie, de mettre du dentifrice pour calmer une brûlure, ou encore de faire renifler du rhum bien  local pour réveiller une personne inconsciente. Sans dénigrer ces coutumes et croyances dans un pays où la médecine traditionnelle est encore très présente, et sans non plus se lancer dans des débats sur l’efficacité ou non des telles ou telles méthodes, notre rôle est avant tout de  passer des messages essentiels : agir rapidement et le plus efficacement possible. Avant de trouver un remède, il faut stabiliser l’urgence vitale : stopper une hémorragie par un pansement compressif, refroidir une brûlure avec de l’eau… Si de nombreuses questions persistent, les guides semblent toutefois bien assimiler avec aisance ces notions d’urgences vitales.

 

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Vidéo | Mada Mamonjy, une formation de secourisme en milieu isolé, à Madagascar

Retour en image, sur le projet Mada Mamonjy, réalisé en mai 2015. Une formation de secourisme en milieu isolé, pour les guides malgaches de la vallée du Tsaranoro.

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Perdue dans le Jura lointain, située à mi-chemin entre Saint-Claude et Lons-le-Saunier, sur la commune …

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